Dès
qu’ils ont été jugés aptes à l’éducation, les chiens quittent leur
famille d’accueil et reviennent à l’école du lundi au vendredi.
C’est
alors que commence l’entraînement spécifique à raison de deux séances
quotidiennes de travail, d’abord à l’école puis en situation réelle (en
ville ou campagne) d’une durée d’environ 45 minutes chacune.
Cet
entraînement va durer environ six mois. L’apprentissage doit se faire
en douceur ; l’éducateur doit s’imposer sans pour autant « casser » la
personnalité du chien, laquelle doit être respectée. Encourager les
qualités naturelles de l’animal, stimuler ses initiatives, toujours
positiver, ne jamais passer à l’étape suivante si la précédente n’est
pas parfaitement assimilée, telles sont quelques unes des règles d’or
de l’éducateur : voix et caresses sont les seuls outils de travail.
Une
fois les bases acquises, on pourra passer au port du harnais. Il est
très important que le chien ait du plaisir chaque fois qu’il portera ce
harnais et pourtant celui-ci deviendra un véritable conditionnement au
travail. C’est par l’intermédiaire du guidon rigide fixé sur le harnais
que le non-voyant pourra sentir les mouvements imposés par le corps de
son chien. Il faudra donc que, à l’aide de ce harnais, l’éducateur
réussisse à imposer au chien la distance que celui-ci devra respecter
entre lui et l’obstacle.
Le
chien guide vivra aux côtés de son maître, une relation équilibrée doit
donc s’établir entre l’homme et l’animal. Quel que soit ce maître
(famille d’accueil, éducateur ou non-voyant), c’est toujours l’homme
qui doit rester le leader dans les relations liées au travail afin de
garder le contrôle de la situation pendant les trajets effectués avec
le chien.
Néanmoins,
un attachement réciproque doit s’établir, favorisé par des échanges
affectifs comme les caresses ou la simple proximité complice de
l'animal et de son maître, condition fondamentale pour que l’animal
puisse s'épanouir dans une relation harmonieuse.
En
matière d’éducation, l’opiniâtreté aussi est de rigueur, les acquis
obtenus doivent régulièrement être réactivés pour devenir vraiment
efficaces.
Il est de même nécessaire d’avoir fréquemment des
échanges avec son animal : exercices d’obéissance et jeux contribueront
à maintenir la souplesse du chien dans ses réponses aux ordres donnés
mais aussi permettront de satisfaire certains de ses besoins vitaux.
La
véritable éducation du chien guide commence lorsque le chien quitte sa
famille d’accueil pour rentrer à l’école. Il est alors pris en charge
par un éducateur et débute doucement son apprentissage. L’important
d’abord est de créer une bonne relation avec le nouveau venu et de
faire en sorte qu’il se sente bien dans ses nouvelles conditions de
vie. Le chien doit immédiatement sentir que son nouveau maître est sûr
de lui, qu’il a des attitudes homogènes et claires. La précision des
codes émis par l’éducateur, la répétition sans ambiguïté de ces mêmes
codes, définiront la place structurante que le chien occupera
dorénavant, à savoir : celle d’un vrai collaborateur, soumis à certains
ordres certes, mais bien dans sa peau.
Les
premières sorties se font toujours en laisse. Observer le chien,
vitesse et régularité de sa marche, concentration ou distractions,
réactions émotionnelles face à telle ou telle situation ou aisance
naturelle, assurance ou légères craintes, autant d’informations
primordiales pour l’éducateur, lequel devra adapter son travail en
fonction de ces premières observations.
L’apprentissage
Multiples
séances d’obéissance, deux sorties quotidiennes en ville (45 minutes)
sur des parcours choisis pour leurs difficultés allant crescendo, jeux
et moments de détente, constituent l’essentiel de l’entraînement.
L’obéissance: - La marche au pied. Celle-ci témoigne de la relation
entre maître et chien.
- Les positions : assis, debout, couché. Ceci pourra être utilisé pour stabiliser le chien.
- Le rappel. Primordial pour pouvoir lâcher son chien sans craindre qu’il ne revienne.
- Le rapport d’objets. Important pour le jeu et parfois, pour l’aveugle, pour rapporter un objet tombé au sol.
Dès
que le chien a passé ces premières semaines «de découverte» et acquis
les rudiments de la marche en laisse, il va faire ses premières «armes»
au harnais, généralement sur des parcours simples et, tout d’abord,
autour de l’école.
- Ligne droite et retour dans l’axe dès que l’obstacle franchi ;
- ordres directionnels : droite, gauche, demi-tour ;
- arrêts au trottoir avec station assise ;
-
recherches utilitaires : cherche, donne : les lignes (passages
protégés), le bus, la boîte aux lettres, le banc, l’escalier,
l’ascenseur, etc. C’est un apport très confortable pour le déficient.
Lorsque
le chien est à l’aise sur ces trajets simples, certains obstacles sont
disposés sur sa route : obstacles au sol, à mi-hauteur puis en hauteur.
Cet
apprentissage peut prendre des mois de répétition, de réflexion quant à
la méthode la plus appropriée. Une fois ces bases totalement
assimilées, l’éducateur va transposer tout ceci en situation réelle sur
des parcours multiples, avec toujours la même progression : du plus
tranquille vers le plus animé.
Un minimum de 650 km parcourus le
long de trottoirs encombrés, face à des situations toujours inédites,
fera de ce chien un guide fiable et efficace.
En
fin d’éducation, on procédera à la période dite de renforcement. Par
exemple, l’éducateur tentera de pousser son chien en dehors des
passages protégés, celui-ci doit résister et ne pas se laisser
entraîner hors des «clous».
Plusieurs tests sous bandeau
confirmeront si le chien progresse ou non ; enfin, un examen final
(également sous bandeau) viendra conclure ces six mois d’entraînement
et, à l’aide d’une grille d’appréciation, déterminera si le chien est
apte à guider (prêt pour être remis à un non-voyant), si cette remise
doit être ajournée pour complément de formation ou encore, si le chien
doit être réformé en raison de résultats vraiment trop insuffisants.
Maintenant, le temps est venu de son attribution, trouver pour lui le maître dont le profil semble le mieux lui correspondre.